Seins tombants ou ptôse mammaire

La ptôse mammaire est définie par un affaissement de la glande et une distension de la peau qui l’enveloppe. Le sein est en position trop basse et « vide » dans sa partie supérieure. Une prothèse ne corrige pas toujours à elle seule un un sein tombant (ptôse mammaire) ou une aréole basse. Il faut distinguer :

  1. les pseudo-ptôses

    Si l’aréole du sein reste projetée au-dessus du sillon sous-mammaire, il s’agit d’une pseudo-ptôse ou fausse ptôse. Cela se rencontre en particulier après les grossesses ou l’allaitement (seins vides au pôle supérieur).

    Dans ce cas, les implants mammaires permettront à la fois de regonfler le sein et de le remonter. La pose de prothèses se fait en mode « dual plane », c’est-à-dire en partie derrière la glande du sein, et en partie derrière le muscle. En utilisant des prothèses anatomiques, le résultat sera très naturel.

  2. les vraies ptôses ou seins tombants

    Si l’aréole est projetée en dessous du sillon sous-mammaire, il s’agit alors d’une ptôse mammaire, autrement dit une chute de la poitrine.

    Dans ce cas, il est illusoire de penser que les implants à eux seuls vont la remonter. Le plus probable est que la pose d’un implant mammaire transforme un sein tombant en gros sein tombant. Il est alors nécessaire de réduire l’enveloppe cutanée du sein afin de le faire remonter. Cette résection de peau se traduit alors par des cicatrices plus importantes autour de l’aréole (± verticale). Cette intervention s’appelle redrapage mammaire ou « mastopexie ».

Objectifs de la correction de la ptôse mammaire

L’opération consiste à remodeler et remonter le sein en agissant sur l’enveloppe cutanée et le tissu glandulaire. La glande est concentrée et ascensionnée. Il faut ensuite adapter l’enveloppe cutanée, ce qui impose de retirer la peau en excès de manière à assurer une bonne tenue et un bon galbe aux nouveaux seins. Les berges de la peau ainsi découpée sont alors suturées : ces sutures sont à l’origine des cicatrices dont le nombre est variable en fonction de l’importance de la ptôse.

Correction de la ptôse mammaire, plusieurs solutions

On distingue trois techniques de correction de la ptôse mammaire.

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Technique à cicatrice péri-aréolaire

La cicatrice est uniquement autour de l’aréole. Cette technique doit être réservée aux seins peu tombants avec faible excès de peau car lorsque l’on retire trop de peau par cette technique, on obtient un élargissement et une déformation secondaires des aréoles et une forme de seins très inesthétique. J’utilise plus volontiers cette technique pour un simple recentrage de l’aréole quand le manque de volume est corrigé par une prothèse mammaire.

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Technique à cicatrice verticale

Les cicatrices, au nombre de deux, sont l’une autour de l’aréole et l’autre verticale entre le bord inférieur de l’aréole et le sillon sous le sein.

C’est la technique que j’utilise le plus souvent car elle permet à la fois de donner au sein une jolie forme et d’assurer la stabilité du résultat dans le temps. Ces 2 cicatrices sont souvent de bonne qualité et évoluent très bien avec le temps.

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Technique à cicatrice en T inversé

Je réserve cette technique aux seins très tombants, en particulier après un amaigrissement massif lorsque l’excès cutané est majeur.

Seins tombants et vides

Lorsque la ptôse mammaire (seins tombants) est associée à une insuffisance de volume (seins vides ou hypotrophie mammaire), il peut être souhaitable de mettre en place dans le même temps opératoire un implant mammaire pour redonner au sein un volume satisfaisant.

Il s’agit alors de deux interventions en une et on parle dans ce cas de « plastie-prothèse ». Cette opération comporte la pose d’une prothèse mammaire pour augmenter le volume du sein et une plastie pour corriger l’affaissement du sein. En effet, une prothèse ne permet jamais à elle seule de remonter un sein tombant ; en alourdissant le sein, elle ne ferait qu’accentuer la ptôse !

L’utilisation de prothèses en polyuréthane et le positionnement en dual plane nous aide aujourd’hui beaucoup dans la correction des seins tombants et « vides ». En effet, ces prothèses fixent la glande et diminuent ainsi le geste de correction de la ptôse, limitant alors la rançon cicatricielle le plus souvent à une cicatrice autour de l’aréole (cicatrice péri-aréolaire).

Avant…

Avant…

après, plastie à technique verticale et prothèse

après, plastie à technique verticale et prothèse

Déroulement de l’intervention

  • Bilan sanguin, consultation pré-anesthésique et mammographie préopératoire demandés
  • Hospitalisation : 1 nuit postopératoire
  • Durée de l’opération : 2 heures à 3 heures selon la technique employée
  • Type d’anesthésie : générale
  • Douleurs : modérées et disparaissant rapidement
  • Soins postopératoires : soins sur les cicatrices pendant 15 jours
  • Habituellement soutien-gorge jour et nuit pendant 2 mois
  • Reprise d’activité entre 10 et 15 jours